CONFÉRENCE DES FORCES VIVES DE LA NATION : LA JOURNÉE DU 20 FÉVRIER 1990

D’abord, toute la journée du 19 février 1990 a été très agitée et mouvementée à l’hôtel PLM Aledjo après que le Chef de l’État Mathieu Kérékou a prononcé son discours d’ouverture et s’est retiré. Les délégués au nombre de 493 n’ont pu se garder de leurs désarrois de voir s’effondrer ce régime qui leur a causé tant de torts pendant deux décennies. Ainsi, l’on a assisté pendant toute la journée du 19 février aux cris des délégués, agitant les bras, réclamant le micro baladeur pour dénoncer la gouvernance du régime dictateur. Tout le monde se servant de cette opportunité voulait se vider. Bref, les débats ont tourné en procès de sorcellerie contre Kérékou et son gouvernement. Il a fallu le lendemain pour que commencent de véritables débats.

De l’élection du Monseigneur Isidore de Souza

C’est ce 20 février 1990 que fit installer le présidium de la conférence des forces vives de la nation. Et par consensus, choix a été porté sur Monseigneur Isidore de Souza, archevêque coadjuteur de Ouidah. L’homme de Dieu prenant la parole s’est exprimé en ces termes <je suis votre homme si vous le voulez>, répondit-il quand on lui fit la proposition de présider la conférence. Après ces mots, Monseigneur de Souza qui venait remplacer le Monseigneur Sastre empêché, fut élu haut la main à la majorité absolue des 493 délégués à l’exception de 16 abstentions. Isidore de Souza présida ainsi jusqu’au 28 février un présidium composé de 13 membres. Installé dans ses nouvelles fonctions, le prélat devra mettre les bouchées doubles pour qu’à l’issue de cette conférence, des solutions soient trouvées à la crise nationale qui régnait dans le pays depuis bientôt deux décennies. Mais la tache ne sera pas sans difficultés.

Maurice Kouandété, un os dans la gorge de la conférence

Ce 20 février n’aura pas été paisible pour les délégués à la conference. Ils ont frôlé de près à un danger qui pourrait leur être fatal et replonger le peuple dans une nouvelle impasse. Le colonel Maurice Kouandété, ancien président de la république, homme fort du régime PRPB et très proche de Kérékou n’est pas d’avis sur ce qui se trame à cette conférence. Il tappe du poing sur la table, menace la conférence d’organiser un coup d’État, ramasse ses effets et claque la porte. Et la panique s’installa au PLM Aledjo : cet homme a été de tous les temps au coeur des coups d’État successifs au Dahomey devenu Bénin. (Et les repercussions de sa réactions pourraient se rendre visibles dans 72 heures si Monseigneur Isidore de Souza n’usait pas d’une diplomatie auprès du pouvoir Kérékou).

De l’installation des commissions et sous commissions

Ce comportement était devenu presque habituel du Colonel Kouandété à chaque fois que les intérêts du régime marxiste léniniste dont il est le soutien étaient en périls. Malgré ses menaces et son claquement, le calme réussit à s’installer de nouveau dans la salle. Le présidium pour la bonne marche des choses préconise la mise en place de trois (03) commissions. Nous avons:

  • la commission chargée de l’éducation, de la culture, de la science, des sports et de l’environnement ;
  • la commission chargée des questions économiques et sociales présidée par Nicephore Soglo et
  • la commission constitutionnelle dirigée par Théodore Holo. C’est cette dernière qui aura le mérite de ridiger l’avant-projet d’une constitution dans un délai de 12 mois en respect aux recommandations des travaux de la conférence.

Les commissions ainsi installées, les délégués auront de quoi s’occuper pendant tout le temps que devait durer la conférence.

Samuel Salem ZOHOUNTO

 

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