Conférence des forces vives de la nation : Retour sur le contexte des assises du PLM Alédjo

Après 29ans d’indépendance, le Bénin a pris rendez-vous avec l’histoire. Une histoire marquée par 17 années de marxisme-léninisme incarnée par un seul homme, le général Mathieu Kérékou.

Le pays avait assez de problèmes dont l’accumulation rapide et conséquente ont contribué activement à la crise ayant conduit à la conférence.

Nous sommes en 1989, l’agitation prenait de l’ampleur surtout à cause des retards de paiement des salaires qui avaient pour conséquence directe une crise économique au sein des foyers. En réponse, à cette agitation pourtant fondée, la répression gouvernementale pilotée par l’homme fort du moment, qui n’est autre que le général Mathieu KEREKOU , n’a pas tardé.
Malgré l’accentuation des repressions, parfois fatales pour certains, les dénonciations s’enchaînent, les grèves perlées sont sans cesse corsées.

Un cooktail amère de problèmes qui a conduit le Président Mathieu Kérékou à se rendre compte de la nécessité d’une ouverture pour poser la balle à terre. Une ouverture qui va plus tard le conduire à reformer son gouvernement pour voir plus clair.

Dans un discours prononcé, Mathieu Kérékou a tracé le cadre de ses réformes et s’est questionné sur l’efficacité de l’option socialiste.
Les réformes engagées par le régime pour convaincre les bailleurs de fonds n’ont pas pu porter les bons fruits attendus et en conséquence, la tension sociopolitique et économique reste très tendue. Et comme si cela ne suffisait pas, les émeutes mortelles s’y sont ajoutées.

Les partisans du multipartisme notamment l’opposition majoritairement en exil et les étudiants constituaient un véritable os dans la gorge du régime.
Sans nul doute, l’État était en faillite et il fallait à tout prix initier quelque chose pour calmer le jeu. Ainsi, le général, se voyant dos au mur, a pensé et accordé une amnistie générale aux exilés politiques, dont la plupart sont des condamnés à mort.

Mathieu Kérékou affichait sa volonté de calmer les béninois mais son attachement au maxisme-leninisme n’était pas du genre à vraiment l’aider
Un dialogue s’impose, le général en avait pleinement conscience.

La conférence nationale s’est présentée comme une solution miracle, une option plus que salutaire proposée par des participants à une table ronde à Versailles en France.
Au prime abord Kérékou s’y est opposé. Il aura fallu maintes discussions pour convaincre le caméléon avec l’appui de la France. Un homme de son gouvernement avait également joué un rôle prépondérant dans ce sens. Il s’agit de Maître Robert Dossou qui de discussions en discussions a pu faire comprendre l’importance de cette assise nationale à Mathieu Kérékou.

Désormais convaincu de la nécessité d’une conférence nationale, le président Mathieu Kérékou devrait convaincre à son tour ses camarades du parti. Les réunions des 5, 6 et 7 décembre 1989 du bureau politique du PRPB y ont été entièrement consacrées.

Le communiqué final a annoncé solennellement que le marxisme léninisme n’était plus l’idéologie de l’État. Mathieu Kérékou était alors chargé de convoquer au cours des trois premiers mois de l’année 1990 une conférence nationale regroupant les représentants authentiques des forces vives de la nation sans tenir compte du politique de la couche sociale, du sexe, de l’ethnie et d’aucun autre facteur de diversité entre les béninois, afin qu’elles apportent leur contribution à l’avènement d’un renouveau démocratique, et au développement d’une seule ambiance politique nouvelle dans notre pays.

Le guide révolutionnaire venait ainsi de convaincre les camarades du parti unique. Le boulevard de la conférence était ainsi dégagé et son organisation a été confiée à un comité préparatoire dirigé par Maître Robert Dossou.

L’avenir est prometteur et à Mathieu Kérékou de reconnaître qu’ <<À l’aube du 21e siècle, l’histoire nous assigne la noble et exaltante mission d’emprunter la voie solitaire du renouveau et du progrès aux générations montantes et futures à travers notre engagement individuel et collectif dans la lutte pour édifier dans notre pays le Bénin une société de liberté, de dignité, de justice, de paix et de progrès social>>.

Les résultats issus de cette conférence nationale qui aura duré 10 jours vont plus tard servir à l’élaboration de la Constitution du 11 décembre 1990.

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